Exposition Abel Azcona – Political (dis)order

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dAM Espace de Andrés-Missirlian

Romainmôtier

15 octobre 2017 - 17 décembre 2017

samedi -dimanche 14h-18h, fermé pendant les concerts

Tout Public | Dès 16 ans

libre

Billets & informations

Abel Azcona – Political (dis)order

Vernissage 15.10.2017, 14h-18h

Abel Azcona [*1988, né et actif à Pampelune] est un artiste pluridisciplinaire de tendance queer, auteur d’œuvres à fort contenu politique et social, susceptibles de produire une vive réaction émotionnelle, notamment à travers des performances et des installations qui font parfois scandale. Il n’hésite pas à aborder les tabous de la société actuelle et dénonce les abus ainsi que les injustices des instances ou des détenteurs du pouvoir politique, économique, religieux, envers les femmes, les enfants, les pauvres, les migrants, les minorités raciales ou LGBTI, les dissidents, les laissés-pour-compte d’une société dominée par le dogme du néolibéralisme. L’artiste utilise notamment son propre corps et son vécu personnel comme vecteurs pour dénoncer de nouvelles formes de fascisme, non encore bien repérées et désignées pour telles. Il cherche à (ré)activer les consciences citoyennes, et en appelle ainsi à l’engagement pour la défense et l’élargissement des droits civils, politiques, sociaux, culturels et écologiques. Militance existentielle et qualité artistique sont parfaitement intégrées dans son œuvre à fort impact visuel, intellectuel et émotionnel.

Pour son exposition «Political (dis)order» à Romainmôtier, Abel Azcona a opté pour une démarche conceptuelle où il présente les documents qu’il a obtenus ces derniers mois suite à des demandes d’adhésion ou à des dons qu’il a faits à la majorité des partis politiques de son pays, l’Espagne (ainsi qu’auprès de certains partis étrangers comme le Front National en France): correspondance, cartes d’adhérent aux partis, lettres de remerciements pour dons, règlements de parti, etc. L’exposition constitue dès lors une interpellation faite aux partis politiques – tous ainsi confondus – comme responsables du (dés)ordre ayant conduit le pays à sa grave crise actuelle sur les plans politique, social, économique et territorial. L’affiliation multiple opérée par Abel Azcona introduit dans le rouage du système des partis un grain de sable qui vise à le faire dérailler – disjoncter. Elle discrédite une supercherie de démocratie basée sur un régime parlementaire représentatif verrouillé et obsolète. L’invective artistique est en l’occurrence stratégiquement adressée depuis un autre pays, la Suisse, dont on connaît les vertus éprouvées de la démocratie directe et du fédéralisme, mais aussi la part d’ombre issue du rôle particulier joué par son système financier comme refuge de l’argent de la corruption et de l’évasion fiscale internationale.

En Espagne, le PP (Parti Populaire, de droite à tendance nationale catholique) est au pouvoir depuis 2011, dirigé par une kleptocratie en place grâce à la fraude électorale par appropriation des deniers publics pour financer les campagnes, au noyautage du pouvoir judiciaire assurant l’impunité, à la persécution illégale des adversaires politiques et à l’instrumentalisation des médias publics ainsi que la connivence achetée de la plupart des privés. Un parti en définitive parafranquiste dans un régime complètement corrompu par une oligarchie avare de ses privilèges, spécialiste de l’évasion fiscale et qui perpétue sous le couvert formel de la démocratie parlementaire instaurée en 1978, les comportements répressifs et illégitimes de la dictature de Franco. Face au Parti Populaire peine la pseudo-opposition d’un Parti Socialiste (PSOE) timoré, déboussolé, embourbé dans ses propres cas de corruption et ses divisions. L’opposition déterminée des nouvelles forces démocratiques fédérées ou alliées sous le nom de Unidos Podemos (UP) est diabolisée aux yeux de l’opinion publique par toutes les instances du pouvoir, y compris les grands groupes médiatiques faisant le jeu du système politique corrompu.

Aujourd’hui, avec la rébellion pacifiste en Catalogne en faveur de l’autodétermination, le panorama est plus qu’incertain dans le pays. La situation semble orientée vers une grave crise – qu’on espère salutaire – de l’Etat central, avec une rupture démocratique à l’horizon accompagnée d’une nouvelle structuration territoriale sous l’impulsion des revendications d’indépendance en Catalogne. La Catalogne exprime aujourd’hui mieux qu’ailleurs le rejet définitif du régime réactionnaire et dépassé de l’Etat centralisé, même si la force de ce rejet bénéficie de l’opportunisme d’une partie corrompue de la classe dirigeante régionale qui cherche l’impunité dans la confusion de la crise politique (parti PDeCAT, droite indépendantiste catalane, alliée pour l’occasion aux gauches indépendantistes de ERC et de CUP). Le Parti Populaire et un nouveau parti de la droite nationale, Ciudadanos (Cs), semblent déterminés à résister pour préserver et perpétuer un régime monarchique de l’Etat voulu et légué par Franco. Jusqu’à quand ?

L’Espagne se trouve donc face au miroir. Restauration autoritaire et liberticide de l’ordre ancien ou rupture définitive d’avec la Constitution de 1978 par la convocation d’une Assemblée constituante pour fonder une nouvelle République fédérale (?) et reléguer aux livres d’histoire les 40 ans d’une monarchie constitutionnelle ayant servi à blanchir la dictature de Franco (celui-ci prit le pouvoir de manière illégitime en 1939, après un coup d’Etat (1936) contre la République espagnole et la victoire dans une guerre civile remportée avec l’aide déterminante de Hitler et de Mussolini) ?

En avant le (dés)ordre politique, qu’on y voie clair !


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