« Visages de Scampia. Les justes de Gomorra » (Éd. Gallimard) : Rencontre avec Davide Cerullo (Naples)

EVENEMENTS

Davide Cerullo (détail)

Hessel espace culturel

Orbe

18 janvier 2019

19h

Tout Public

Entrée libre

Billets & informations

EXPRESSION LIBRE « Visages de Scampia. Les justes de Gomorra » (Éd. Gallimard, 2018) : Rencontre avec l’auteur Davide Cerullo (Naples / Italie) à 19h dans le cadre du VERNISSAGE, en sa présence et de 16h à 20h, de son exposition de photographie « Les justes de Gomorra. Les irrécupérables n’existent pas » à voir du 18 janvier au 9 février et en partenariat avec la Galerie Gallimard (Paris).

Infos livre : http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Livres-d-Art/Visages-de-Scampia
Infos exposition : https://www.facebook.com/events/2278658669024378

En 2018, Davide Cerullo a publié, pour la 1ère fois en français, « Visages de Scampia. Les justes de Gomorra » avec un regard différent sur un quartier de Naples habituellement associé au « Gomorra » de Roberto Saviano. Pour accompagner ses photographies, Davide donne une série de courts textes sur ses thèmes de prédilection : les mères, les enfants, l’inégalité sociale, la camorra, la prison, mais aussi l’éducation, l’amour et la poésie. Le livre est le fruit d’une rencontre : en 2015, l’artiste Ernest Pignon-Ernest souhaite prolonger à Naples le parcours de son projet « Se torno » (« Si je reviens »), qui l’a vu coller sur les murs de Rome et de Matera l’image d’un Pasolini au regard sévère portant dans ses bras son propre corps sans vie. C’est Davide Cerullo qui va lui ouvrir les murs de Scampia, dans laquelle l’artiste voit un univers pasolinien d’aujourd’hui. Pignon-Ernest découvre alors le travail photographique de Davide, qui saisit depuis une dizaine d’années la vie du quartier et de ses habitants, dans ses aspects les plus durs mais également avec l’espoir et la conviction que ses enfants peuvent être sauvés par l’instruction. Erri De Luca et Christian Bobin, touchés eux aussi par le parcours et le travail de Davide, joignent leur voix à celle de Pignon-Ernest pour introduire ses photographies et ses textes ici rassemblés qui tiennent tout à la fois du document, du témoignage tragique et de la rêverie poétique et qui mettent en lumière ceux qui demeurent dans l’ombre. Depuis 50 ans, Ernest Pignon-Ernest appose des images sur les murs des cités, et notamment, entre 1988 et 1995, dans les rues de Naples. Né dans cette ville, Erri De Luca est écrivain, poète et traducteur. Le roman inspiré de son enfance dans le quartier populaire de Montedidio lui a valu en 2002 le prix Fémina étranger. De son côté et depuis 2013, Davide Cerullo a publié plusieurs livres en italien, dont « Poesia cruda. Gli irrecuperabili non esistono » (2017), « Diario di un buono a nulla. Scampia, dove la parola diventa riscatto » (2016) et « Ali Bruciate. I bambini di Scampia » (2015). Roberto Saviano (« Gomorra ») a utilisé une de ses photographies (détail) pour la couverture de son nouveau roman « Piranhas », sorti en 2018 aux Éditions Gallimard.

Davide Cerullo naît en 1974 dans la banlieue de Naples. Neuvième d’une fratrie de 14 enfants d’une famille très pauvre, il grandit dans le quartier de Scampia que l’on surnomme « Le Vele » (« Les Voiles »). À 13 ans, Davide tombe dans l’engrenage de la camorra, la mafia napolitaine rendue tristement célèbre par « Gomorra », le roman de Saviano, ainsi que par le film et la série éponymes. En prison à 19 ans, il découvre la lecture, notamment la poésie de Pier Paolo Pasolini, qui l’incite à mettre son parcours à distance et à envisager une reconversion dans l’accompagnement des enfants de Scampia, où il vit à nouveau. Parallèlement à son action éducative au travers de laquelle il a fondé deux associations et qui l’amène à intervenir en public, notamment dans les écoles, Davide Cerullo développe un travail d’écriture et de photographie, capturant le quotidien des familles, miroirs d’un environnement hostile où l’espoir peine à éclore. L’image et la parole deviennent des outils pour dresser un (auto-)portrait collectif exempt de jugements.

Infos et photos : https://www.galeriegallimard.com/content/29-visages-de-scampia + https://www.galeriegallimard.com/43-davide-cerullPage
Page Facebook Davide Cerullo : https://www.facebook.com/Davide-Scampia-Cerullo-1576256289124527/
Page Instagram Davide Cerullo : https://www.instagram.com/davide.vele

« Pour exister, la mafia a besoin de dégrader tout ce qui nous entoure, détruire jusqu’à l’espoir : de la sorte, elle place les autres dans une position de demande. (…) Je travaille à mettre plus de vie autour de moi, à rendre justice aux enfants de Scampia. Parce que, le plus grand crime, c’est celui de ne pas permettre à un enfant, de vivre comme un enfant.» (Davide Cerullo)

« C’est ce rôle de passeur d’humanité qu’incarne Davide Cerullo à Scampia et les photos qui naissent et témoignent de son action s’inscrivent dans une vision fort proche de celle de Pasolini, car elles affirment qu’il y a là des trésors de beauté, d’espérance, de générosité, prêts à s’épanouir. » (Ernest Pignon-Ernest)

« Davide Cerullo est une braise échappée d’un incendie. Cela arrive aux bois qui se battent contre le feu. Ayant grandi dans le quartier de la drogue, du fond de la prison, il a trouvé son nom écrit dans la Bible : Davide ! Il a détaché en cachette les pages, les a lues et, de là, est née une personne nouvelle. Son histoire chante comme la première hirondelle, sent bon comme le pain. Ultime comparaison avec le Davide de la Bible : lui aussi, enfant, a été berger des brebis de son père. » (Erri De Luca)

« Chacun ne grandit seulement que s’il est rêvé. » (Danilo Dolci)

Ouverture du Hessel du mardi au samedi de 16h à 0h. Rencontre à 19h. Vernissage de 16h à 20h.


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Hessel espace culturel
Rue Davall 3
1350 Orbe

079 248 07 56

Organisateur :
Hessel Espace Culturel